Ep 01 - Les premiers jeux video

1958 : "Tennis for two" de William Higinbotham

William Higinbotham, physicien nucléaire chez Brookhaven National Laboratory (Upton, NY, USA),William Higinbotham à l'occasion des portes ouvertes annuelles du laboratoire , histoire d'animer un peu la visite, décide de fabriquer un jeu de tennis jouable à deux sur l'impréssionant ordinateur du laboratoire. Selon ses dires :"Cela pourrait animer l'endroit que d'avoir un jeu auquel les gens pourraient jouer, et qui pourrait faire passer le message que nos efforts scientifiques ont un impact sur la société." 

 

Et ce fut le cas : des centaines de visiteurs font la queue en ce 18 octobre 1958, pour jouer à ce "Tennis for Two".tennis for two
William crée ce jeu en 3 semaines, et se sert d'un écran d'oscilloscope pour afficher le terrain vu de profil, les calculs sont réalisés par l'ordinateur du laboratoire.

L'idée lui est venu en lisant le livre d'instruction du calculateur qui indiquait comment générer différentes courbes sur l'ecran de l'oscilloscope en utilisant resistances, condensateurs et relais. Parmi les exemples du livre il y avait les trajectoires de balles, le rebond de ballon, prenant en compte la gravité et la resistance au vent. 

 

William utilise une manette en aluminium qui permet de servir et frapper la balle grace à un bouton et un bouton rotatif permet d'orienter tennispaddlel'angle d'une raquette invisible.

 

 

Tennis for two  081023 OTL VideoSetupEnlarged.grid-6x2Un an après, l'ordinateur et l'oscilloscope furent utilisés pour d'autres travaux. Seuls les visiteurs de 1958 et 1959 purent essayer le "Tennis for Two". William ne déposa pas de brevet pour son "Tennis for Two" et de toute façon le brevet aurait appartenu au gouvernement fédéral. Higinbotham, mouru en 1994, et souhaitait être reconnu pour son travail sur les affichages radar, et ses efforts pour ralentir la course aux armes nucléaires.

"Tennis for two" est considéré par beaucoup comme le premier jeu video.

 

 

 

1962 : "Spacewar" de Steve Russell

IBM709-3Au début des années 60, les ordinateurs étaient si imposants qu'ils tenaient dans de grandes salles. Ils étaient composés de rangées de tubes à vide, qui chauffaient énormément. De gros systèmes de refroidissement étaient nécessaires afin d'éviter que les ordinateurs ne prennent feu. Plus tard, les tubes à vide furent remplacés par des transistors puis par des puces en silicium qui permirent de fabriquer des ordinateurs plus petits, plus rapides, plus puissants et dégageant moins de chaleur.

TX-O-MIT-1La grosse transformation, qui impactera plus tard le monde du jeu video, fut la façon dont ces ordinateurs affichaient les informations. Au tout début, les calculateurs imprimaient leurs résultats sur des teletypes, sorte de grosses machines à écrire connectées à ces ordinateurs, puis plus tard ils se dotèrent d'écrans.
Durant les années 60, Les universités d'Utah, Stanford et le MIT étaient les seules universités américaines à posséder des calculateurs avec écrans. En 1961, le MIT possédait deux gros calculateurs, un IBM 709 surnommé par les étudiants le "Hulking Giant" et un plus petit, le TX-O (un des premiers ordinateurs à transistor). Seul le TX-O possédait un écran.

l' IBM 709 communiquait via des cartes perforées ou via de longues bandes de papier codé.  A cette époque, sur le TX-O, existaient quelques programmes montrant les capacités graphiques de l'ordinateur : une balle rebondissante (en fait un point qui tombait du haut de l'écran vers le bas et rebondissait); Tic-Tac-Toe, qui opposait un joueur à l'ordinateur...


PDP-1A l'été 1961, DEC donna son dernier modèle d'ordinateur au MIT : le PDP-1 (Programmable Data Processor 1). Il était beaucoup moins grand que l' IBM 709, et le TX-O, ,et possédait un écran.Le PDP-1 et coutait 120000 $ en 1959 soit environ 1 million $ actuels.

Il fut adopté rapidement par les étudiants du MIT et plus particulièrement par le TMRC (Tech Model Railroad Club) , confrérie du MIT composée de nerds, geeks et hackers des premiers jours, qui commençérent à écrire des programmes (cette activité portait le nom de hacking...) sur cette nouvelle machine.

 

steve russellSteve Russell, nouvelle recrue du TMRC, avec 2 autres amis, Martin Graetz, Wayne Wiitanen décidérent de faire une démonstration des capacités de la machine. Ils se mirent en tête de créer un jeu interactif sur ce PDP-1. Steve Russell se chargea de coder le jeu. Bien que nouveau au MIT il gagna vite la reconnaissance de ses pairs en aidant un de ses professeurs, John Mc Carthy, à créer le langage LISP : John Mc Carthy avait conçu le LISP comme un langage purement théorique, et ne pensait pas le faire tourner sur un ordinateur. Steve Russell, son étudiant, a ensuite créé un interpreteur LISP. En 1962, 2 autres étudiants créeront un compilateur LISP. Le LISP est, chronologiquement, le 2ème langage évolué, après le FORTRAN.

PDP-1-spacewar-ecran

Février 1962, Il aura fallu plus de 200 heures de travail à Steve Russell pour sortir son premier jeu interactif sur le PDP-1 : un duel entre 2 vaisseaux spatiaux. Steve Russell l'appelera "Spacewar". Les 2 joueurs controlaient la vitesse et la direction du vaisseau et tiraient des torpilles en utilisant les interrupteurs du PDP-1 :  deux interrupteurs pour la direction, un pour la vitesse et un autre pour tirer.

 

PDP-1-men playing-Dan Edwards-Peter SamsonComme à l'habitude dans le TMRC, d'autres membres participèrent à l'amélioration du jeu : Peter Samson créa un programme qui calculait et affichait les étoiles et leur véritable positionnement dans le ciel, Dan Edwards implémenta la gestion de la gravité (attraction de l'étoile au centre de l'écran), un autre ajouta une fonction Hyperespace affectée un autre interrupteur, qui permettait de s'échapper et réapparaître aléatoirement sur l'écran. La version finale de Spacewar sortit au printemps 1962.

 

PDP-1-spacewar-manette-teletype


Alan Kotok et Bob Sanders, membres du TMRC, fatigués d'utiliser les interrupteurs du PDP-1 pour contrôler les vaisseaux, fabriquèrent un boitier à 2 levierset 1 bouton, rélié à l'ordinateur : l'ancêtre du gamepad :)

Les PDPDP-1-spacewar-Kotok-Russell-GraetzP-1 n'étant pas destiné au grand public il était impensable pour Steve Russell et ses amis de commercialiser leur 'jeu'. Steve ne déposa pas de brevet et ne gagna donc pas d'argent avec ce 'Spacewar'. Finalement DEC utilisa Spacewar comme programme de test et de démonstration des qualités graphiques de leur machine et fournit Spacewar gracieusement sur chaque PDP-1 qu'il vendait à ses clients.

 

 1971 - Computer space de Nolan BushnellComme nous le verrons plus tard dans un autre article, Nolan Bushnell avec l'aide de Ted Dabney, en 1971, un an avant de fonder ATARI, fabriquera une borne d'arcade inspirée du jeu "Spacewar" qu'il appellera "Computer Space". La borne ne connaitra pas un réel succès, elle se vendra à 1000 exemplaires, mais lancera le business du jeu video d'arcade.

 

Steve Russell n'obtint pas son diplôme du MIT et suivit son professeur, John Mc Carthy, à l'université de Stanford, puis travailla ensuite dans le secteur privé.

young-bill-gates

Anecdote sympathique : Steve Russell travaille en 1970 à Seattle pour une entreprise informatique, qui reçoit après l'école des adolescents pour les faire taper sur des claviers afin de voir s'ils peuvent faire crasher les ordinateurs. Un seul enfant arrive à les faire crasher quoiqu'il fasse. Le gamin s'appelait Bill Gates, futur fondateur de Microsoft :)

 


 

Prochain épisode : Ralph Baer, le père des jeux videos et des consoles de jeux.
Dans cet épisode nous parlerons de Ralph Baer, inventeur de la première console de jeu et du premier pong sur Téléviseur en 1968

 Si vous avez des questions, ou souhaitez apporter des corrections ou complèments d'informations, n'hésitez pas à utiliser les boites de commentaires ci-dessous :)

Autres articles :

Episode 2 : Ralph Baer, le père du jeu video et des consoles de jeux

Episode 3 : Nolan Bushnell, le fondateur d' Atari

 

Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

 

 

e-max.it: your social media marketing partner